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Veuillez vous présenter et nous expliquer l'objet de votre mission en Guinée
Je fais partie, depuis plusieurs années, du panel d'experts du FMI et mon domaine d'intervention porte sur la gestion des ressources humaines, le recrutement et la formation au sein des administrations douanières. J'exerce également, au sein des douanes françaises, des fonctions de responsabilité qui m'ont conduit, après différents postes territoriaux, à diriger la Direction Nationale du Recrutement et de la Formation Professionnelle et ses trois Écoles Nationales des Douanes.
Ma mission auprès des douanes guinéennes est donc, aujourd'hui, d'apporter mon expertise dans la rénovation des méthodes et des outils de gestion des personnels douaniers. A ce titre, mon intervention portera également sur la mise en œuvre d'une politique de formation professionnelle bien adaptée à la démarche de modernisation des douanes guinéennes mais permettant aussi aux personnels massivement et nouvellement recrutés d'acquérir les connaissances et le savoir-faire indispensables à l'exercice de leurs fonctions
Quels sont les principaux problèmes que vous avez constatés dans la gestion des ressources humaines de la DGD ?
La structure en charge, à la DGD, de la gestion des ressources humaines souffre aujourd'hui d'un manque évident de moyens et d'outils qui la prive véritablement de toute visibilité et capacité d'action sur l'effectif douanier, les besoins réels, le recrutement des agents, leur déroulement de carrière et l'anticipation des mouvements de personnels. Il est indispensable que l'administration se donne les moyens de mettre en place la politique de gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences qui lui fait actuellement défaut.
Quelle appréciation faites-vous de l'état d'avancement du Programme de Modernisation des Douanes Guinéennes ?
Les Douanes Guinéennes me semblent à un tournant de leur histoire.
Le développement mondial des échanges rend indispensable la modernisation des administrations douanières qui doivent évoluer vers la simplification et l'informatisation des procédures, la dématérialisation des documents, le développement de l'analyse de risque et la nécessité d'un partenariat avec les opérateurs. La facilitation des échanges constitue aujourd'hui un facteur clé du développement économique.
J'ai pu constater que votre administration s'est fermement engagée dans cette démarche à travers son Programme de Modernisation et la mise en place, à son plus haut niveau, d'un Comité spécial. La refonte du Code des Douanes, incontournable, est bien avancée, les textes réglementaires simplifiant les procédures sont en préparation et la DGD a su réorganiser ses structures pour s'adapter à ce nouveau contexte de changement.
Je crois cependant que les douanes guinéennes doivent lancer, sans plus attendre et avec force, la mise en œuvre des premières mesures concrètes qui " signeront " cette démarche volontariste. Cela passe, notamment, par l'utilisation optimale des potentialités de sélectivité des déclarations qu'offre SYDONIA ++, par la réduction sensible des contrôles immédiats et la mise en place d'une structure bien formée et compétente dédiée à l'analyse de risque. Cela suppose aussi un fort accompagnement managérial et une politique dynamique de communication (tant interne qu'externe) qui doivent irriguer, dès maintenant, l'ensemble de l'encadrement et des agents des douanes ainsi que les partenaires institutionnels et privés de votre administration.
Quels sont les résultats que vous avez obtenus à l'issue de votre mission et quelles sont les principales recommandations ?
Le premier de ces résultats est, sans aucun doute, l'écoute attentive dont j'ai bénéficié tout au long de cette mission et le sentiment, que je ressens, de la volonté et de la détermination de la DGD, et en tout premier lieu de son chef, de s'engager dans la voie de la rénovation de la gestion des ressources humaines et de la formation perçues comme un élément déterminant de la réussite du processus de modernisation des douanes guinéennes.
Parmi les recommandations formulées, je retiendrai la nécessité de mettre en place, de façon tout à fait prioritaire, une base de données des personnels exhaustive, fiable et actualisée qui servira de socle à une gestion moderne des ressources humaines. Celle-ci passe aussi par la refonte de son cadre réglementaire, la création de plans de carrière et la mise en œuvre d'un dispositif d'évaluation/notation favorisant et valorisant les agents les plus méritants.
L'administration devra également élaborer un " catalogue " des différents métiers de la douane (vérificateur, enquêteur, agent surveillance...) qui facilitera l'expression des besoins en personnels et en emplois et permettra de parvenir à un véritable " profilage " des postes réclamant une compétence ou des aptitudes particulières.
Il faudra enfin que la DGD parvienne à une meilleure maîtrise de ses recrutements en revenant à la pratique des concours et engage un vaste plan de formation initiale et continue. Pour cela, elle devra se doter d'une structure légère formée à l'ingénierie de la pédagogie et relancer la création d'un centre de formation équipé des moyens pédagogiques modernes et animé par un réseau professionnalisé de formateurs occasionnels. |